L’AVENIR DU PORT DE BORDEAUX

port-bordeauxLe 16 avril dernier, Sud Ouest a organisé un débat très intéressant sur le développement du Port de Bordeaux. Etaient présents les principaux acteurs du port mais aussi ses différents partenaires.

Le Port de Bordeaux, avec 7 terminaux le long de l’estuaire, occupe uniquement la 11ème place française, avec un trafic estimé à 9Mt. Son activité génère cependant près de 5000 emplois directs. Des espoirs ont échoué ces dernières années, notamment l’abandon du terminal méthanier au Verdon…Mais que penser de l’avenir ? De l’optimisme en perspective suite aux échanges !

Comme nous l’a rappelé Christophe Masson, président du directoire du Port, le trafic d’un port est fonction de deux indicateurs clés : l’évolution de la population avoisinante, qui génère des importations et l’industrialisation des lieux. Le port de Bordeaux semble avoir un atout avec l’arrivée de la LGV car on devrait voir accroître le nombre d’habitants dans la Métropole. Mais le développement est recherché par d’autres leviers…

Ainsi au cours du débat, trois pistes sont avancées dans la stratégie du port par Christophe Masson.

La première consiste tout simplement à conforter les filières socles : importation de raffinés, exportation de céréales, importation de granulat (qui alimente tous les chantiers de notre cité ) et le développement de la logistique en conteneurs. Sur ce dernier volet, Europorte, filiale d’Eurotunnel va investir dans deux portiques au Verdon avec comme objectif très ambitieux de passer de 50 000 à 70 000 conteneurs.

La deuxième proposition est de faciliter l’accès terrestre aussi bien aux marchandises qui entrent sur le port pour être exportées que celles qui débarquent. Avec une intention évidente : limiter la congestion routière. Un train de céréales équivaut à 1200t de marchandises transportées, soit une cinquantaine de camions ; la solution semble donc se trouver du côté du ferroviaire en privilégiant notamment une ligne Bruges-Le Verdon, en modernisant les accès desservant Ambès ou encore en facilitant le transport par fer des céréales à exporter en provenance des zones éloignées comme Agen, Auch. L’essor de la logistique fluviale est moins prévisible à cause des problèmes de gabarit limité.

Enfin, la troisième piste concerne le développement de nouvelles activités pour le port. Ces nouvelles activités ne veulent pas toujours dire tonnage transité ! Le port a ainsi signé un programme immobilier avec la Caisse des dépôts et la Métropole, avec pour projet la structuration des bassins à flot, en valorisant le foncier et en requalifiant le quartier (bureaux, commerce, parking). Le port ambitionne aussi de créer une véritable interface avec la ville en devenant un parc d’activités à part entière ; le port de plaisance d’hivernage agrandi et le développement du port naval devraient créer des emplois. Un consensus avec les collectivités a été trouvé pour le pôle maintenance-yachting depuis un an. Les besoins sont variés : le développement des paquebots fluviaux et de la navigation de plaisance incite l’essor de la maintenance, la demande en rénovation de yacht est une réalité nouvelle sur l’Atlantique et enfin la réparation voire la destruction de navires est une source d’activité non négligeable(voir le désossement de la Jeanne d’Arc   actuellement).La mise en œuvre est claire : Bassens pour la destruction et la réparation des navires de très grande taille et les Bassins à flot pour le refit plus léger des yachts.

Dans l’air du temps, avec à la clé environ 200 emplois, l’estuaire devrait aussi privilégier la diversification énergétique : le potentiel se trouve à la fois dans la mise en place d’hydroliennes (dont la filière est à construire car pour le moment qu’à l’état expérimental) et dans le projet d’installation d’éoliennes terrestres dans le Nord de l’estuaire. Le off shore éolien au large du Verdon est aussi à l’étude.

En conclusion de ce débat optimiste, le président du directoire du port de Bordeaux   confirme que les moyens sont mis en œuvre pour développer le port, dont l’accès « mer et terre » qui devrait être optimisé ces prochaines années. Selon lui, il est a priori important de chercher la complémentarité avec les activités des deux autres ports de la future grande région (La Rochelle qui peut accueillir des bateaux de grande taille et Bayonne), d’éviter le gaspillage de crédits publics en définissant des stratégies ciblées pour chaque port et en développant la coopération de ces derniers (même outils de gestion etc.…).

Frédy LUCAS

LES PARTICULES FINES

Il y a peu de temps, Anne Hidalgo Maire de Paris a annoncé deux décisions.
En accord avec 435 communes de la région Parisienne et en vertu d’un arrêté préfectoral, l’interdiction des feux de cheminées ou l’utilisation de poêles à bois. Aujourd’hui ce sont 7.4 millions de ménages qui se chauffent totalement ou partiellement au bois.
La seconde décision est l’éradication de la capitale, d’ici 2020, des véhicules fonctionnant au diesel alors même que petit à petit le parc automobile s’assainit en devenant moins polluant.
En cause les particules fines. Ces mêmes particules fines dont des études sérieuses affirment par exemple que pour Paris leurs origines sont pour 39% étrangères – pour 44% régionales et pour seulement 17% d’origine parisienne (chauffage 4% / trafic 4% / réaction chimique 5% / Industrie 2% / autres 2%). Dans les 39% de particules d’origine étrangère, il est souvent fait mention des centrales électriques alimentées par le charbon qui se sont substituées à la fermeture de plusieurs centrales nucléaires en Allemagne. L’Europe devrait se saisir du sujet, pour diligenter des études et faire évoluer la réglementation sur le rejet dans l’atmosphère des particules fines par l’industrie.
On comprend aisément que cette écologie punitive qui s’abat toujours sur les mêmes, ne résoudra pas, ou à la marge, le problème de la qualité de l’air, ce qui doit se faire en concertation avec tous les pays européens et pour ce qui nous concerne en agissant sur les principaux vecteurs de pollution. Il n’est pas dit que le moteur diesel de dernière génération et le feu de cheminée soient les seuls et les principaux responsables de cet état.
J’aimerais connaître la position du Maire de Bordeaux ainsi que la position de la nouvelle majorité à la CUB sur ces sujets et en particulier savoir s’ils souhaitent dans les années à venir interdire la circulation des véhicules diesel dans tout ou partie du territoire de la CUB et interdire l’utilisation des cheminées à foyers ouverts.

Gilles GARCON